Enfants handicapés
Selon le Rapport mondial sur le handicap, le monde compte aujourd’hui environ un milliard de personnes qui vivent avec un handicap. Au moins 10 % d’entre elles sont des enfants, et 80 % vivent dans des pays en développement. L’éducation est l’un des moyens les plus efficaces qui soient pour rompre le cycle de discrimination et de pauvreté auquel ces enfants et leurs familles sont souvent confrontés.
Un sérieux handicap visuel n’empêche pas Devilal (9 ans)
de prendre plaisir à faire ses devoirs scolaires avec ses amis © Nana Akyaa Boakye-Boaten
Les enfants handicapés sont souvent en marge de la société et demeurent invisibles aux yeux de l’opinion et des instances éducatives. Dans la plupart des pays en développement, il y a peu de données permettant de cerner correctement le nombre d’enfants atteints d’un handicap. Il n’y a pas non plus de dispositifs efficaces en place pour répondre à leurs besoins et leur fournir un accès à une éducation de qualité.Suite »
Même lorsque de telles mesures sont en place, l’absence de financement approprié empêche la construction d’infrastructures accessibles aux enfants handicapés, la formation des enseignants à l’accueil de ces élèves et l’extension de programmes pilotes locaux performants à l’ensemble du territoire.
Il est essentiel que les sociétés adaptent leurs structures pour faire en sorte que tous les enfants, quel que soit leur âge, leur sexe et le handicap dont ils peuvent être atteints, puissent bénéficier sans discrimination des droits fondamentaux qui sont les leurs. Cela vaut pour les systèmes éducatifs, qui ont besoin de changer et d’adopter des approches novatrices pour répondre aux besoins spécifiques des enfants handicapés.
L'enjeu
- Sur les 57 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés, environ 24 millions souffrent d’un handicap sous une forme ou une autre.
- Dans les pays en développement, 90 % des enfants handicapés ne sont pas scolarisés (selon l’UNESCO).
- Même dans des pays où les taux d’inscription dans le primaire sont élevés, les enfants handicapés ont plus de probabilités que d’autres membres de groupes vulnérables de sortir du système scolaire avant l’achèvement de leur scolarité.
- Pauvreté, malnutrition, santé défaillante, illettrisme, absence d’eau potable et mauvaises conditions sanitaires sont autant de facteurs aggravants le handicap.
- Les handicaps peuvent se caractériser par des troubles de l’apprentissage ou des difficultés pour parler, des problèmes physiques, cognitifs, sensoriels ou affectifs.
- Il y a trop peu de données collectées sur les enfants handicapés, ce qui rend impossible le lancement d’interventions appropriées.
Notre réponse
La stratégie du GPE à l’intention des enfants non scolarisés comprend trois volets:
- Nous œuvrons en collaboration avec les pays à la promotion de politiques éducatives visant l’intégration de tous les enfants, notamment ceux atteints de handicaps, afin qu’ils puissent aller à l’école, s’instruire et achever leur scolarité.
- Nous aidons les pays en développement partenaires à concevoir des outils de collecte de données et des programmes permettant d’évaluer le nombre de jeunes handicapés, et à élaborer des programmes éducatifs appropriés pour intégrer ces enfants en milieu scolaire.
- Nous entreprenons de collecter des données de meilleure qualité sur les enfants handicapés, et en particulier des données désagrégées permettant d’expliquer les différents handicaps et déficiences ainsi que leur degré de gravité. C’est là un impératif si l'on veut pouvoir élaborer des politiques, programmes et interventions favorisant l’inclusion.
Qu’entend-on par enfants handicapés ?
La communauté internationale a parfois du mal à se mettre d’accord sur une définition de la notion de « handicap ». Le GPE a définit les trois catégories suivantes d’enfants handicapés :
- Ceux qui sont scolarisés mais qui ne parviennent pas apprendre du fait que les programmes dispensés ne sont pas adaptés à leurs besoins ou que les enseignants n’ont pas la capacité ou le temps d’adapter leur approche comme il le faudrait, ou encore parce que ces enfants n’ont pas accès aux aides techniques adaptées à leurs besoins d’apprentissage.
Exemple : Les enfants qui ont une faible vision et qui, de ce fait, ne peuvent pas voir ce qui est écrit au tableau s’ils n’ont pas de lunettes.
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- Ceux qui ne sont pas scolarisés mais qui pourraient l’être si les écoles avaient la capacité voulue, en termes de connaissances, de compétences et de moyens matériels, pour pouvoir répondre à leurs besoins spécifiques.
Exemple : Les enfants handicapés physiques qui n'ont pas accès aux salles de classe, ou ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et ont besoin d'un mode d’enseignement légèrement différent ou d'heures d’instruction supplémentaires.
- Les enfants ayant un handicap sévère qui nécessitent une assistance spécialisée supplémentaire, que ce soit en milieu scolaire ou non. Cela concerne un groupe assez restreint (entre 2 et 3 % de tous les enfants handicapés).
Exemple : Les enfants qui ont des capacités d’élocution ou de communication limitées, ceux qui ont besoin d’assistance pour les principaux actes de la vie quotidienne ou ceux présentant des handicaps multiples. À cela vient s’ajouter le fait que des handicaps sévères peuvent s’accompagner de problèmes médicaux divers (crises d’épilepsie, perte des fonctions sensorielles, etc.).
RESULTATS
Intégration dans le secteur de l’éducation au Cambodge
En 2010, le ministère cambodgien de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports a entrepris, avec l’appui du GPE, une étude destinée à collecter des données sur les enfants handicapés et les enfants non scolarisés dans la tranche d’âge des 2 à 17 ans.
Un test de dépistage basé sur une série de dix questions a servi à identifier les enfants âgés de 2 à 9 ans pouvant présenter des déficiences, handicaps ou autres problèmes de santé majeurs. Ceux qui étaient dans ce cas ont été soumis à une série d’examens supplémentaires menée par une équipe de médecins, psychologues et spécialistes de l’ouïe et de la vue pour confirmer leur déficience ou handicap et, le cas échéant, engager un traitement.
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Cette étude a révélé qu’un nombre important d’enfants présumés handicapés et non scolarisés souffraient en réalité d’affections bénignes et curables (une perte auditive due à une otite non soignée, par exemple). Les données ont aussi montré que 5 % des enfants souffrant de troubles visuels avaient simplement besoin de lunettes pour lire correctement.
C’était le cas de MeiMei, une fillette de neuf ans en troisième année d’école primaire vivant dans la province de Takéo. C’est parce qu’elle souffrait de maux de tête fréquents qu’elle a commencé à manquer l’école, et elle qui était une bonne élève a vu ses résultats s’en ressentir. Elle avait aussi du mal à suivre en classe parce qu’elle ne voyait pas bien ce qui était écrit au tableau.
C’est quand elle a pris part au dépistage financé par le GPE que son problème de vue a été confirmé, et s’est avéré être la principale cause de ses maux de tête qui la forçaient si souvent à manquer l’école. Une simple paire de lunettes a suffi à remédier au problème, et MeiMei est maintenant de nouveau en mesure de suivre activement la classe et de tirer pleinement profit des enseignements dispensés.
À la suite de cette étude, le Cambodge a entrepris de concevoir un programme national de dépistage des handicaps pour tous les élèves de première année du primaire, qui donnera lieu à un système d’orientation vers des soins spécialisés ainsi que d’assistance en milieu scolaire. D’autres pays de la région participant au Partenariat s’intéressent à présent à la mise en place de programmes similaires afin d’intégrer les enfants présentant des handicaps dans leur propre système éducatif.
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